PLUSIEURS TYPES DE RÉÉDUCATIONS POUR DIFFERENTES PATHOLOGIES

1. INCONTINENCE URINAIRE APRÈS PROSTATECTOMIE 

Une incontinence urinaire est fréquente lors des premiers jours ou semaines après l’intervention.

Elle est liée au fait que le sphincter urinaire principal (le sphincter lisse) est détruit lors de la dissection de la base de la prostate du col vésical. Il s’agit d’un sphincter automatique sur lequel nous n’avons pas de commande volontaire et qui régit la continence urinaire au quotidien.

Il existe un deuxième sphincter urinaire (le sphincter strié de l’urètre) qui, lui, est préservé après l’intervention. Ce sphincter est formé de fibres musculaires striées à commande volontaire, émanant des muscles du plancher pelvien.  A l’inverse du sphincter lisse, on peut contracter le sphincter strié volontairement, en contractant les muscles du plancher pelvien (mouvement de couper le jet urinaire pendant la miction). On peut le considérer comme un sphincter de secours ou d’urgence.

Ceci explique les difficultés fréquentes pour contenir les urines les premiers temps après l’intervention.

Il faut une période d’adaptation et de rééducation du sphincter strié pour que progressivement, il remplace le sphincter lisse dans sa fonction de contrôle permanent de la continence.

En pratique, les patients ont des écoulements non contrôlés d’urine les premiers jours ou semaines lors des mouvements. Au repos ou en position allongée, les fuites sont rares mais se déclenchent lorsque le patient se lève, marche, tousse, rie, soulève des choses lourdes, etc.

Une rééducation précoce et prolongée jusqu’à un résultat satisfaisant est nécessaire et démarrée dès l’ablation de la sonde urinaire.

Elle consiste à apprendre les mouvements efficaces pour serrer le sphincter strié, le muscler pour le rendre plus performant et l’automatiser pour prévenir les fuites à l’effort.

Pour éviter les fuites urinaires, il est nécessaire de serrer ce muscle strié avant de se lever, marcher, tousser, rire, soulever des chose lourdes, etc. Ce geste correspond au même geste effectué pour interrompre le jet urinaire pendant la miction. Avec le temps, ce mouvement va devenir un automatisme.

En général, plus les muscles sont sollicités régulièrement au cours de la journée, plus rapide est la récupération de la continence.

Cette rééducation est poursuivie tant que le résultat optimal n’est pas obtenu, ce qui nécessite 2 à 3 séances hebdomadaires pendant quelques semaines à plusieurs mois suivant les cas.

Dans les cas rares où les résultats en terme de continence ne sont pas suffisants, des techniques chirurgicales peuvent être proposées pour traiter l’incontinence persistante.

2. RÉÉDUCATION ANO-RECTALE

La dysfonction ano-rectale touche autant hommes et femmes et englobe de nombreuses problématiques telles l’incontinence fécale, l’incontinence de gaz, l’urgence fécale ainsi que les douleurs recto-périnéales et problèmes de constipation. La rééducation périnéale permettra de normaliser le tonus et la force du sphincter anal et des muscles du périnée et l'aprentisage des bonnes habitudes lors du passage aux toilettes ainsi qu'une bonne hygiène de vie.